Tout d'abord, je voudrais replacer la discussion dans son contexte.
En corrigeant mon système, 90 % de l'amélioration à l'écoute vient du rééquilibrage entre les différents registres.
C'est avant tout le niveau qui compte. Le décalage temporel, en comparaison, est faiblement audible.
On peut écouter l'effet du décalage temporel seul en remplaçant l'égalisation paramétrique à phase minimale par la même égalisation mais à phase linéaire. Seul le niveau est alors corrigé.
On s'aperçoit alors que le traînage que l'on entend facilement avant la correction est à moitié dû à la déformation de l'enveloppe des signaux musicaux par le déséquilibre entre les fréquence, et dû à moitié seulement au "group delay" supplémentaire introduit par les résonances dans la pièce.
Je précise que pour ma part, c'est surtout le group delay que j'entends, plutôt que les queues de réverbération : le grave me semble "jouer en retard".
Ce group delay est de l'ordre de 50 à 100 ms sur la fréquence du mode propre.
Courbe noire : réponse en fréquence au point d'écoute
Courbe verte : group delay au point d'écoute (sans correction)
Courbe rose : group delay au point d'écoute avec l'ancienne correction
Il signifie que le maximum de l'amplitude à cette fréquence se produit 50 à 100 ms après le maximum du signal original à la même fréquence. Cette durée correspond approximativement à la durée d'une triple croche sur la partition musicale.
De plus, ce délai est évident quand le grave domine tout. Mais une fois le niveau corrigé, le grave devient faible et son retard passe alors facilement inaperçu.
Notez que ces mesures comprennent le group delay de l'enceinte elle-même, qui est de 15 à 20 ms dans les graves, et 0 dans le medium-aigu. Ce group delay n'étant pas à phase minimale, il n'est pas corrigé par un égaliseur simple.
Par conséquent, tous ces waterfalls et group delays ont un intérêt relativement secondaire pour l'égalisation. Ils ne sont pas négligeables, car la différence entre un bon et un mauvais group delay est audible. Mais ils viennent en seconde position après le problème de l'équilibre tonal, qui est donné par le choix de la courbe cible, et donc du niveau de grave, en dB, que l'on souhaite avoir au point d'écoute sur son installation.
Ceci étant dit, voyons ce qu'il en est de ces waterfalls.
indien29 a écrit:J'ai l'impression que la résonance à 40Hz vue à la mesure n'est pas forcément un mode propre comme ceux que l'on trouve dans des salles plus adaptées acoustiquement
Si, si. Le simulateur d'acoustique de REW confirme, étant donné les dimensions de ma pièce, l'emplacement des enceintes, et le point d'écoute. C'est la résonance directe entre le mur de devant et le mur de derrière.
Configuration de mon système. En réalité, le mur de gauche est en partie massif, le long de l'enceinte et du point d'écoute, en partie ouvert, derrière le point d'écoute. Mais REW ne permet pas de simuler cela.
Mode propres simulés pour mon point d'écoute. On retrouve bien le grand pic à 55 Hz. C'est l'ordre 2 de la résonance axiale dans la grande longueur de la pièce.
indien29 a écrit:La mauvaise acoustique de ta pièce entraine peut etre des suites de résonances multiples que le micro n'identifie pas en tant que telle, ce qui permet de noter à la mesure, un effet général sur ces résonances globales.
Ce serait une hypothèse ?
Au contraire, une mode propre idéal, pur, dans une pièce vide, avec des parois parfaitement élastiques, et une dissipation de l'énergie parfaitement visqueuse, se corrigerait facilement de façon électronique (en un point au moins).
Mais dans une pièce réelle, avec des réflexions multiples sur des matérieux au comportement complexe, la correction est imparfaite.
Voici par exemple un défaut idéal (simulé avec une seule bande d'égalisation paramétrique), correigé de deux façons différentes :
Image 1 : un signal musical, avec une percussion basse fréquence
Image 2 : on imagine un mode propre pur et idéal qui résonnerait dans le grave (une bande d'égalisation paramétrique, Q élevé, phase minimale).
Image 3 : Correction du signal 2 par égalisation inverse, sans déphasage (égalisation à phase linéaire). Le niveau revient à la normale, mais le traînage reste dans le signal.
Image 4 : Correction du signal 2 par égalisation inverse à phase minimale (égaliseur classique). Le niveau reveint à la normale ET le traînage est supprimé.
Si on pouvait corriger parfaitement les résonances de nos locaux, tout le traînage disparaîtrait. Mais il est impossible de le faire avec une précision infinie. Or, pour annuler tout le traînage, il faudrait générer exactement le même traînage artificillement, en opposition de phase, en restant totalement synchrone avec la réalité pendant une longue durée.
Dans la pratique, on arrive à nettoyer le tout début du signal, et ce dans les basses fréquences uniquement.
ohl a écrit:Merci PIO pour ces mesures. Dommage que REW ne puisse pas calculer la réponse impulsionnelle (en phase minimale évidemment) à partir d'une réponse RTA faite en MMM. Tu aurais pu comparer plus simplement et plus rapidement le waterfall réel et le waterfall calculé à partir du RTA avant/après correction. Ce qui te permettrai de vérifier la validité d'une mesure MMM pour une correction en basses fréquences.
Je ne sais pas si je suis toujours assez clair pour tout le monde....

Pour moi oui
